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La valse des langoustes
 
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Below are the 20 most recent journal entries recorded in latiatiou's LiveJournal:

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Sunday, May 31st, 2009
9:58 pm
Cultiver l'immaturité.
Dans un wagon de métro, se laisser aller à la nostalgie... Lancer les bras vers les plafonds bas, s'alourdir, s'épancher.
A Tacuba, un vieil homme en costume négligé entre, et sort une petite balle, un anneau, des cordes. Des choses disparaissent de manière inexplicable, pour resurgir soudain. Un billet de 50 pesos s'évanoui dans l'espace, pour reapparaitre dans le bas de pantalon d'un enfant.
Les mains de cet homme se tordent et tournent, dans une cadence vertige.
Il passe faire la quête, et récolte une monnaie de la plupart des témoins.
Un homme de son âge lui donne 10 pesos. Alors qu'il est prêt à déscendre à la station Colegio Militar, le même homme l'interpelle. Ils s'échangent des mots chaleureux de vieux amis.
" - Avant, je chantais dans le métro: tout un succés! Depuis trois ans, je suis magicien: un grand succés aussi, tout marche vraiment bien.
A Hidalgo, l'enfant au pantalon oú a fleuri le billet de 50 se lève, et ils descendent.
Le wagon est à moitié vide, mais à moitié plein de sourires.
Saturday, May 23rd, 2009
9:48 pm
Au plafond, une ampoule a grillée. Elle a grésillé longtemps, entre la vie et la mort, et s'est éteinte.
Pour guérir mon irritation, je suis sortie vers le soir qui s'affalait déjà sur les toits plats de la conservatrice Ville-satélite.
Dans les jardins noirs, pas plus d'âmes que celles des vigilants à bicyclette, scrutant les rues désertes, ennuyés et jouant comme des enfants sur leurs montures. Supporter la ration d'ordinaire. Rêver aux filles des revues. Surprendre et saluer les habitants riches à leur passage de fauteuil en camionette, de boîte en boîte, de vagin large en vagin serré des femmes qu'ils auraient pu épouser, engrosser et supporter avec aussi peu d'enthousiasme que la leur.
Dans la moiteur nocturne, je me déplacais avec la majesté d'un fauve chassant sur son territoire. La mythique Zone Bleue profilait déjà ses enseignes tentatrices. Minuscule centre commercial de périphérie, rendu célèbre pour son commerce de glaces et eaux de fruits qui fournissait, dans le passé, des drogues excellentes. L'endroit était devenu le point de diversion des filles et garcons-fraises qui pullulaient par ici. L'attitude fraise consiste à se prendre pour un personnage de saga romanesque, et démontrer un niveau de vie princier.
Quelques jeunes poussaient des cris fraises, donc, je ne me suis pas attardée.
Un logotype de pélican m'indiquait la proximité d'un centre commercial, et la perspective des Mozzarellas entassées dans les rayons m'a alléchée. L'endroit était presque vide, ponctué par de rares va-et-viens d'acheteurs solitaires. Mon caddy errait entre les merveilleux produits de suicide quotidien, cancer possible, diabète probable et vitamines ajoutées, quand soudain j'ai senti que je perdais pied dans le coton du sol qui était en train de se convertir en une paroie verticale et glissante, et je luttais pour ne pas disparaître, mais la duperie était évidente, nous n'étions tous que des rats de laboratoires perdus entre les fioles chimiques dont la consommation nous transformerait en clients du soulagement pharmaceutique.
Saturday, January 3rd, 2009
1:17 am
Réveil métaphysique, un bien beau et vide titre que celui-lá
Cher journal,

Un certain phénix prétendait renaître d'outre-cendres.
Il est donc temps de te remettre a flot.
Un "journal" est-il une psychothérapie individuelle?
Non, ne nous enlisons pas déjà dans les antiques tourbières oú l'on retrouva des hommes sacrifiés, corde au cou et sourire aux lèvres.
Alors, de ce pas, tu resuciteras demain parce que j'ai sommeil, moi.
Tuesday, November 6th, 2007
12:22 am
exercices traductifs no hagan caso
Conocí al Rey antes de partir.

Entré a la Casa, Blanca de guerra, guerras
Estaba dormido, la hora, tarde
Pasé por la recámara, vacía la cama
Vacía no, surgió de entre las cobijas
Como Luis XIV, y los Grandes,
Como los demonios de sus cajas estrelladas
Mirada miedo, dientes, brillo
Iba a rugir, me equivoqué,
Habló, era feliz, hablaba

No fui en vano, Sr Bush, agradecimientos!

J’ai connu le Roi avant de partir.

Je suis entrée dans la Maison, Blanche de guerre, guerres
Il dormait, l’heure, tardive
Je suis passée par la chambre, vide, le lit
Vide, non, il a surgi des couvertures
Comme Louis XIV, et les Grands,
Comme les démons de leurs boîtes étoilées
Regard peur, dents, brillant
Il allait ataquer, mais non, me suis trompée
Il parlait, heureux, il a parlé

Je ne suis pas venu en vain, M. Bush, mes remerciements!


Los pechos se abren a la luz del día
Cuando Noche duerme, el ojo te ve, Cielito
Siempre pensé que todo iba a reempezar, siempre supe
Reencuentro, para el nuestro, estaba Vuestra Merced, traje sastre, señor A.
Cielos, tu corbata esta fea!
Regreso de olas, todas las sangres back to the face, lindísimo eres
El aire infunde perfumes de transparencia, todo te daré, con el Retorno, siempre.
Sólo vivir


Les poitrines s’ouvrent à la lumière du jour
Quand Nuit dort, l’oeil te voit, mon petit Ciel
J’ai toujours pensé que tout allait recommencer, j’ai toujours su
Retrouvailles, pour les nôtres, était Votre Grâce, costume noir, Monsieur A.
Petit Ciel, ta cravatte n’est pas terrible !
Retour de vague, tous les baisers serán de regreso en las caras sangre, tu es tellement joli L’air infuse des parfums de transparence, je te donnerai tout, avec l’Eternel Retour toujours.
Seulement vivre


Tepozotlán

Caminé bajo antiguos soles
Pasé pórticos, dormí en capillas,
Entendí las iglesias y salí a la Luz
Caminé de contrabando
En el suelo quema el viento
En el desierto vuela el sol
En la llanura sopla el polvo
En el aire baila el cacto,
Sombra de Crucificado.


J’ai marché sous des soleils anciens
Je suis passé sous des portiques, j’ai dormi dans des chapelles
J’ai compri les églises, et suis sortie à la Lumière
J’ai marché en contrebande
Sur le sol brûle Vent
Dans le désert vole Soleil
Dans la plaine souffle Poussière
Dans l’air danse Cactus,
Ombre du Crucifié.


En lo lejos un sentimiento hecho levantar de sol, se pegó al mundo
Y en este instante eterno, en tu Laberinto, ruges hacia la vida
Salir, no mames mi Vida, ni pensar, ya verás cuanto te cobran
Saltar y caer desgarrado contra las paredes, escaparte: tu crees?
Volar hacía allá, no me digas que no te acuerdas de Icaro?
Mugir, puedes, que pensabas cuando te pusieron los pantalones largos,
La Libertad, cada quién sabe que canta, pero a poco te pasa de ver a este pinche pájaro?
El güey se pasea, plumas y pico, no sabe volar, gallito vanidoso, vive en un corral lejísimo
de tu escritorio
No huirás de LA SITUACIÓN: trágatela con todo y gusano, las hormigas que viven en este valle pronto te digerirán.


Au loin un sentiment fait lever de soleil, s’est collé au monde
Et en cet instant éternel, dans ton Labyrinthe, tu rugis vers la vie
Sortir, arrête mon Petit, n’y penses pas, tu verras combien ils te le feront payer
Sauter et t’écorcher contre les murs, t’échapper : tu y crois ?
Voler vers là-bas, ne me dis pas que tu ne te reppelles pas d’Icare ?
Mugir, tu peux, que pensasi-tu quand tu as revêtu ton corps adulte,

La Liberté, on sait tous qu’elle chante, mais vraiment t’arrive-t-il de voir ce sale oiseau ?
Le phenomène s’ballade, plume et bec, il ne sait pas voler, petit coq vaniteux, il vit dans [une basse cour bien loin de ton bureau.
Tu ne pourras fuir de LA SITUATION : gobe-la toute entìère, les fourmis qui vivent dans ce val te digèreront bientôt.


A horas indebidas, respirar la noche en los rincones de la casa
Sentir cada coche, los pasos en la oscuridad, lentos, oír
El teléfono, porque llegué tan lejos
Quién era yo, tanto caos,y ahoy el orden esmerado de la cama

Olerte, en cada vela, en la luz quebrada del día joven
Tocar la tela, sentir el frío del cuerpo cansado
Dividir en el día de la ventana el polvo y la mosca
Sentir el peso de la casa, cúpula, fresca, Mezquita

Fuera el sol, y el barullo de los insectos acalorados
Profusión y fuerza, dedicación a vivir, comunión
Ladridos de la perra, vienen los vecinos, sonarán voces
Hasta que el tiempo las canse, partirán

En aquellas mañanas clausuradas, quién eras tú, la presa
No sabías el peso del mundo, y el fastidioso bullicio
Y las ansias-sangre de los pueblos y del querer,
Mas cocía bajo las noches
la mística del proyecto ser.


A des heures indues, respirer la nuit dans les recoins de la maison
Entendre chaque voiture, les pas dans l’obscurité, lents, écouter
Le téléphone, solitude, virtuel, pourquoi suis-je arrivée si loin
Qui étais-je, tant de chaos, aujourd’hui l’ordre soigné du lit

Te sentir, dans chaque bougie, dans la lumière rompue du jour nouveau
Toucher le tissu, sentir le froid du corps épuisé
Apercevoir dans le jour de la fenêtre la poussière et les mouches
Sentir le poids de la maison, coupole, fraîche, Mosquée

Dehors le soleil, ô mon Amour, et le bruit des insectes échauffés
Profusion et force, vouloir vivre, comunion
Aboiements de la chienne, les voisins arrivent, des voix résonneront
Jusqu’à ce que le temps les fatigue, ils s’en iront

En ces matins cloîtrés, qui étais-tu, la captive
Tu ne savais le poids du monde, et la grande agitation
Et les désirs-sang des peuples et l’amour,
Mais cuisait sous les nuits
la mystique du projet d’être.
12:20 am
Ma Chambre a la paix de la tombe.
Manger peu, ne pas appuyer sur les jours. Se nourrir d’un minimum, et purifier.
Cette après-midi est tout un Renouveau, je me baigne dans cette eau, l’esprit au bord du chavirer dans un sommeil liqueur, pourquoi lutter, si la régénération doit se produire, mais la repousser avec vice, pour mieux y tomber. Le vertige des nuit sans sommeil et des jours endormis, Dimanche et encore une fois les monstres et citrouilles partent dans les poubelles, sur le gazon ils attendent, le passage du camion des ordures du lundi matin, mais peut-être ne viendra-t-il que jusqu’au mardi. Lundi, jour de grand nettoyage et propice à semer des fleurs nouvelles.
Combien je hais l’argent qui fait mendier les dames indigènes dans les rues, et toutes les formes d’opression sociale. Je hais un système qui pourtant souvent me favorise.
Vibration de cellulaire :
« Salut, j’espère que tu vas bien, moi je suis très fatigué parce que j’ai été a la montagne et je crois que j’ai appris à danser Huapango »
Mario n’est pas mort.
12:18 am
¡ Anda, márchate, camina, y báilale !
Il y a tant, tellement de port, de terres couvertes de forêts, fleuves qui vont vers des mers, peuples aussi, vivants et bruyants de simples nécessités. Tant, de vies possibles, milliers de chances, sachant qu’aucune d’elles ne saura suffir à l’appétit.
J’ai vu des côtes lavées après des ouragans, plages jonchées, plages sans vie souillées des plastiques humains. J’ai vu les plages de Rio, croulantes de chairs, de femmes à fils dentaires. Scruté le Rio de la Plata depuis Baires, marché sur les grand’places et connu des Socrate doués du coude, parlé avec les vendeuses neurotiques des kiosques à journaux qui m’ont priées de ne pas rater la vie.
Regardé les yeux, tous les yeux. Regards dans le metro de México, toujours fixes, baissés vers l’intimité du corps, contemplant des pieds par dizaines, chaussés de très vieux tennis, d’escarpins rouges et or, tandis que là-bas, vers la bibliothèque México, on danse encore le paso doble. J’ai vu des peuples et je n’ai pas compris, la langueur du geste, la fatigue du regard, dans ce vendeur de cocos, où était-ce déjà ?
Je n’ai rien terminé, l’errance poursuivra sa fuite, partir, toujours, va-t-en !
Tengo 25 años y el sentimiento de tener 40. Seguiré mi camino sin más tristeza que esta nostalgia que me quema las tripas, una vez al año.
Tengo 25 años y la muerte colgada como guillotina. Es hora de continuar, Sr Hemingway, el mar es color vino, borrachera, y encimita de la línea del horizonte, entre el mar y el cielo se interpusieron unas nubes moradas, pregunta hecha color como el Dios que vive por esas costas se hizo hombre, del pensamiento a la realidad, no hay mas que un paso. ¡Pásale!
Tuesday, October 2nd, 2007
10:26 pm
Buste large et brun, regard noir et qui aboie, épaule gladiateur et ventre bourgeonnant, coiffure eighties sur matière noire, mais comment dire combien je me damne si je ne l’ai pas, Chocolat délice.
Chocolat et Pêche, sont partis à Taxco à la recherche des joyaux d’argent.
Une petite vierge guadalupana, fichée sur une peinture murale Coca Cola, et puis on va découvrant des maisons blanches, balcons de l’antique Espagne, et des coulées de peuple enivré de fêtes dévalant du Zocalo vers des cantines cachées au fond des garages.
Des marchés regorgeants d’argent.
Ville perchée, en bas, y aurait-il ... la mer ?
Non, pas d’eau dans cette ville de Guerrero, entourée de falaises, Chocolat aurait bien voulu aller se fondre dans les vagues qui boutent là-bas, sur la côte enflammée, les poissons à moitié dévorés, carcasses de pélicans, troncs entiers, sur la plage.
Mais il devra se contenter des boissons du Super 7, vinasse goût pêche, soda saveur pastèque, avec Chips. Para mí, se sera un Clamato !
Si supieras, Chocolate...
Il faudra bien comprendre que tout est faux, et s’accomoder avec le Sang. Putain.

Nunca supe escoger, nunca supe decidir, ni arreglarme con la vista de las cucharas que esperan en el cajón, discúlpenme, perdón Puerta, por no haber pasado tu umbral, mañana te haré el favor, prometido, Ventana, pronto te abriré, Amorcito, no te entristeces. Perdón, acciones, por no haberlas realizado, un día vendrá, seré miles, ahora no soy mas que mi vida. Se derraman las copas de locura que me estoy tomando diario, matar el determinismo, estar en donde nadie te espera, así no iré a ningún lado, solamente a la carne muerta.

Felizmente, à Taxco il y a un beau Panteón, et aussi des pompes funèbres, pas d’inquiètude, si tu te noies dans l’alcool, tu ne seras pas privé de la liqueur d’herbes fermentées.
Choco sera là jusqu’à ma fin, quoi que je dise et où que j’aille, sous les racines du soleil ou dans les grottes d’Hidalgo, à Tulancingo ou en la Bella Vera Cruz, dans les patios des haciendas abandonnées, et dans les coeurs moribonds de ceux qui m’ont aimé.
10:24 pm
Eloge funèbre.

Mario. Son visage squeletique, oú en tout point se fait voir l’os. Mario.
Aujourd’hui il m’a adressé la nouvelle de son cancer.
Et pendant que frissonnent des grillons de la nuit, procède la parole.
Cancer de l’estomac. L’ennemi est en chaque névropathe. Cancer de la liberté. La vérité comme carcénome, le sang est ouvert, Messieurs, et n’ayez peur, n’en ayez pudeur, laissez-les parler, ces entrailles qui gouvernent.
L’utérus est ouvert, il s’épanche, n’écouterez-vous votre mère?
S’agenouiller devant une image d’homme idéal, eden familial, harmonie, grand nazi.

Mais l’instinct ne se courbera que pour se vicier et générer des sécrétions purulentes, frustrations redoutables du corps malade, atrophié, qui croît en des valses difformes. N’outragez point l’organe!
Mario l’Assassin, qui porte depuis la puberté les signes tenaces d’une mort décharnée. Mario mourra comme un rongeur crevé par du poison, auprés de sa mère, ravalé, banni du ventre, misérable tas de carbone, malheureux poulet élevé en boîte et dévoré par le grand Jour.

Cancer, où la Paranoïa intimiste du corps.

NON

Mario, mobilisant toutes ses capacités, passera à l’acte. Il sera Hannibal, rira cyniquement, violera des religieuses, se gaussera des supercheries, ira sur les tombes et resuscitera Satan, foutrera des gonzesses, arrachera des portières de Pontiac, se guérira au mezcal et acides qui libèrent la vue des scories du monde falsifié par les pédagogues, verra les oeufs lumineux et aussi les fantômes qui se font passer pour Nous et gèrent des Autolavados, entreprises de Com, où fabriquent des moteurs pour collectionneurs, comprendra pourquoi la Peur s’empare des gens-civilisés-à-maison-et-voiture et les enserrent dans les colonies de l’Ennui-fait-espace, d’où ils ne sortent que pour exercer leurs jambes qui dépérissent sur des freins bien entretenus pour préserver la chair qui en tout point se défait au moindre choc, tant elle a la consistance des poulets-de-boîtes, il fera les quatre-cent-casses, se vêtira en policier pour enmerder les couples qui sortent des hotels, votre voiture est mal stationnée, si vous ne souhaitez que je lève une infractions et que votre femmes apprennent que vous passez vos après-midis dans des jacuzzi où vous gavez votre maîtresse de fruits défendus, et surtout, de sandwichs coniques au jambon de dinde aimablement apportés pas le personnel, alors, votre critère économique, Monsieur, me vaut bien des espèces.....

Mario se nourrira de toute la folie, et, quand viendra le dépérir, il sautera dans son puit qui n’a pas d’eau et y passera encore quelques heures à philosopher vers la fin du Jour, quand les grenouilles minuscules sortent des flaques d’eaux pour trouver l’amour, et là.

Hommage al señor Sanchez Hernandez, débris comique qui court, muerto te hallarás bajo el desierto de Actopán. Arriba! Y cáncer para todos!
Sunday, September 30th, 2007
10:15 pm
L’homme et l’enfant passaient des jours mythiques à Araial do Cabo, village étrange calé entre le sable et la mer. Le soir, ils dînaient dans un restaurant au charme maritime, oú virevoltait le serveur Joao, recemment marié, mais étrangement femme, qui leur expliquait dans un portuguais joyeux la science de certaines recettes. L’après-midi se passait sous les cris des mouettes agacées par la chasse aux poissons côtiers. Israël se collait au sable, tâchait d’en retirer trésors de coquillages beaux comme des yeux, rêves chosifiés dans les calcaires océanique ; carapaces de crabes, coquilles violettes d’oursins, olives de mer... Le soir on regardait l’arrivée des Crépuscules, quand sur la mer tombaient les perles de lumière océanique, emplissaient les yeux.
"Béni soit tout ce qui me vient par Toi, depuis le ciel bientôt étoilé jusqu’au fond des eaux, tout exulte en Ton sens."
Tombe la Lumière, vers le soir qui s’étend, contre l’eau l’énergie, fuse le vent, la paix, entrer dans la paix et n’en plus refaire surface, immerger la peau, c’est froid mais la matière est pleine, la Vie. Beto est entré dans l’eau et déploie ses membres, soigne et régénère.
Sunday, September 23rd, 2007
7:00 pm
On n'avait pas trahi, jamais on avait voulu autre chose que ce battement constant de vie qui saute à l'âme, au coeur de la forêt, si prés.
On avait faim, encore, de chauve-souris grillées et de monstres ovipares.
On voulait vivre, tout avait existé, tout s'était résorbé, que restait-il alors, juchés sur ce bord de la schizophrénie, que se pouvait-il désirer?
On se perdrait, une fois pour toute, dans les délires sources et putrides orchidées de l'Amérique devenue Latine. Allez-y-dont-tous vous faire pendre.

Si alguno quiere venir en pos de Mí, niéguese a sí-mismo, y tome su cruz, y sígame.
6:51 pm
Retour.
Je suis toujours effrayée par les hommes de business, qui énumèrent des chiffres dans des cafés wi-fi. 39 dollars, vaya que barato, me ahorro la gasolina...
Que todos sean sapos, de eso no dudo. Sapos sabios qui profèrent des phrases sages, ils savent tout, de droit, en manipulant leurs laps con la ansiedad de scarabées recogiendo la mierda que darán de comer a sus futuras guaguas. Sin hablar de la rivalidad hormonal que los divide. Franz Meyer, como presiona este guey!

Chapitre …?

Rio de Janeiro. Un 4 août.

Une ballade contre la plage, encore une. Beto arpente depuis des jours la zone-à-se-divertir de la grand-ville, depuis Ipanema jusqu’à Leme. Mais l’endroit ne lui délivrera aucun secret, il le sait bien, ils leurs faudra pousser dans les terres, là-bas, auprès de la forêt, peut-être... des coeurs humains vivent assez pour crier au Monde des incantations qui tiennent.
Il est malade, Albert, il est un corps ouvert aux pulsions paludiques, et, parfois, la fièvre oblige Israel à courir chercher dans la ville une pharmacie. Maladie d’existence, maladie d’être, une bonne raison de chercher oú et qui, toucher le peuple, sentir couver dans les arbres creux des colonies de fourmies carnassières.
Il a rêvé, il y a peu. On égorgeait des chèvres dans son appartement, en France. L’une d’elles semblait avoir été épargnée par le bourreau. Et au moment le plus inattendu, il revenait et lui ouvrait la voie du sang.
De jeunes garcons courent derrière un ballon, la promenade est couverte de gens de tous âges qui sirotent des Cocos que les petits bars proposent à deux reais. Et puis, sur la plage, le vent est fort, le sable vole et la vision est difficile. Pourtant, entre deux rafales, on peut distinguer des silhouettes féminines aux formes lourdes sauter entre les vagues. Copa Cabana, paradis du sexe oú la fonction de reproduction se présente sous un jour si dévié qu’elle y possède son propre syndicat. La nuit elle-même semble être un artifice scénique pour que brille davantage les parures des papillons séducteurs avides de monnaies étrangères.
Pas plus de vérité ici qu’à Morne-les-Bains, Veracruz oú México City. Il y a des cris dans sa tête, des murmures, des danses sacadées. La nuit dernière, tout le jour, on a monté en bas de leur hotel un podium immense et, toute la nuit, on pouvait contempler depuis la fenêtre un formidable déchainement de masse. Une école de Samba a animé durant des heures ce peuple métisse, affolé par le son et qui a rugi jusqu’au coeur de la nuit. Les vitres vibraient, le sol tremblaient. L’armée n’est partie qu’au premier matin, et ne subsistèrent là que les enfants des rues, tombés au sol, morts de colle à sniffer, de vagues, de peur.
Chaque jour est un miracle, quand partent les chauves-souris, et les crapeaux chanteurs.
La plage, la plage immense, s’offre sous la lumière, sans ombres ni abris, et le soleil donne les éblouissances de Commencement. Le vent s´élève et recouvre de sable les débris, canettes, bouteilles de bière et autres gisances. Là-bas, dans un creux visible de l’espace, un couple est assis, hébèté par la nuit, yeux peut-être fermés sur la berceuse des éléments.
Ils se diraient des phrases commencant par Je, Eu te quero como ninguem, quero ter uma vida como ninguem...
Les kiosques de la Frontière, limite entre plage et ville, commencent à s’animer sous la lumière, engourdis de Nuit mais sur le devoir de renaître au travail.
Aimer la Nature comme don, demander des forces, toujours au Dieu que nous sommes.
Vent de possibilités qui souffle. Dans son enfance, Beto sentait que chaque matin, chaque levée, chaque prémice, était comme un début de la Merveille qu’il préssentait éveillé, et touchait en rêve. Chaque enfant naît ouvert, mais les Possibles se referment peu à peu sur lui et là, survient la fin. Réactiver chaque jour ce Désir de l’autre qui nous fait querer, vouloir, le Tout. Chaque être rencontré est une marche de l’escalier-à-philosophie. A Rio comme à Madrid, la vie est opaque car l’homme y a créé des structures de diversion qui lui interdisent tout accès au fond, et un roman de Starbucks ne pourra être, ne sera qu’une technocratie de plus incarnée dans une chose, un sale produit d’une volonté de sobresalir, sortir du lot, gagner les autres par le truchement de una hazaña, un haut fait, une noblesse-à-consommer. Au creux de la nature, y avait-il des êtres encore indemnes, peu affectés par la frustrante proximité de la société de l’achat ?
Beto avait connu une sorcière, près de Salina Cruz, Mexico, petit port de pêche désolé.
C´était le Nouvel An, et la route de bord de mer l’avait enmené jusqu’à une zone vague, où se succédaient des plages abruptes, sans intérêt touristique. Marchant sous un soleil aussi cru qu’aujourd’hui, il avait apercu une petite Palapa, dite « de Doña Chavela ». On leur avait offert bouillons de poisson, crevettes, et une magnifique langouste à oeufs. Sucant le caviar de la bête, décortiquant les créatures de la mer, ils avaient écouté les mystères du lieu, récits allégoriques empreints de chamanisme.
Il y avait quelques années, les désordres climatiques hivernaux avaient creusés la plage. Doña Chavela, ainsi que les rares habitants du lieu, découvrirent des poterie pleines des trésors des Anciens, or et pierres, statuettes. Doña Chavela, naturellement, récupéra l’une des amphores, héritage précieux laissé par delà le temps. Une fosse, qu’elle décrivait comme un puis, s’était ouvert également dans la baie désinvestie par les eaux. Elle était remplie d’or. Un jeune garcon survint, et emporta quelques joyaux. Il revint le jour suivant, pour en prendre davantage, mais le puis se referma sur lui et il mourut. L’INAH organisa des recherches dans la zone. On récupéra le trésor de doña Chavela, prétendant que sa place était dans un musée. Mais la chaman savait fort bien que leur véritable motif était de s’approprier des biens du peuple.
La nuit avancait; après nous avoir offert son repas de Nouvel An, doña Chavela évoquait les créatures qui apparaitraient bientôt, car le Diable, en cette fin d’année, disait-elle, batait la campagne à la recherche de ses dernières victimes.
Israel jouait avec le singe manchot que doña Chavela disait avoir retiré des mains de chasseurs.La bête était attachée à un mur de grillage où elle pouvait exercer son dernier bras. Une petite fille lui donnait melon, pomme, papaye, qu’il dévorait de son seul bras.
Thursday, September 13th, 2007
7:35 pm
flute!
Aujourd´hui, le mystere s´epaissi.
Ouf! Je suis sauvee du fleuve, sur la rive, et cela fait penser a la mort, et aussi, a Belo Horizonte ou je resterai bientot avec tous mes os.
Thursday, July 20th, 2006
10:01 pm
Je suis arrivée au Brésil. Il me fallait chercher Yury. C'est sont frére que j'ai trouvé.
Je n'ai eu aucun mal à me retrouver dans le détale de rue, bien simple en fait, avenue principale, puis place facon banlieue, et un parking ou j'ai trouvé. Le petit frére, assis sur un bout de bitume, je l'ai salué et il y avait de la chaleur, trop, suffisemment pour sentir que l'autre monde est possible. Le gosse rayonnait. On s'est touchés avec assez de force, du talent, un courage. J'ai oublié Yury, mais il était toute ma Quête. Je suis restée chez des gens, dans la petite retraire type HLM, à vivre pieusement une existence heureuse.
Mais les évènements historiques m'ont vite fait comprendre que.
Sunday, May 28th, 2006
11:22 am
A Ciudad Satélite, il y avait une île.
C'était un espace triangulaire à la croisée de deux routes; l'une allait vers l'autoroute México-Queretaro, l'autre aussi, moyennant un détour sougeur - le contournement d'un parc généreusement arboré oú figuraient en maquette les fameuses Torres de Satélite, monument composé de quatre énigmatique volumes de béton élevés contre un ciel généralement cartonneux, rouge, jaune, bleu, et rouge. Incontesté symbole de l'ère futuristique inaugurée par des architectes fous-à-lier.
Dans cette île, était un kisosque petit, un peu antique, oú l'on vendait des fleurs.
C'était l'endroit typique oú le bourgeois satelitique, rentrant à sa demeure, était surpris par l'irréfutable nécéssité d'acheter quelques merveilles terrestres à sa compagne.
C'était aussi le lieu approprié que l'on dévalisait le 10 mai, songeant à acquérir un bouquet pour sa maman, vivant à quelques rues de chez soi.
Thursday, April 27th, 2006
1:58 pm
Autrefois, la mort n'était qu'une mauvaise odeur sur les routes.
Maintenant elle est dans ta peau et je la suce.
J'irai assez tôt manger ta grisaille, ne te préoccupes.
Et couler dans tes yeux des rires iniques.
Sur ton bateau sur la mer, tu te râcles, et craches contre l'océan inerte.
Ne te préoccupes.
Nous nous reverrons à temps, avant le naufrage de ta Passion solide comme galère.
Et irons ensemble recevoir les moissons d'août, les coquillages et les panthères, les pluies qui empèsent la chair et l'inclinent vers les ébats.
Je me suis donné un jour et je ne l'oublierai.
Je me suis perdu dans toute ma volonté.
Tu as voulu me relever et je t'ai mordu.
Qu'importe, la plaie était sans gravité.
Tu m'as porté sous les grands arbres pour que je comprenne dans leurs frondaisons le ciel bleu et les fleurs, Flamboyants.
Je n'ai pas cru au rouge. Trop d'innovation.
Mais le verbe explosif s'est peu à peu inséré.
Alors j'étais passage, et me suis fondu dans la terre.
Eh bien, tout cela est arrivé sans l'intervention des autres.
Il n'y avait rien de plus que le soleil, qui puise les végétales sécrétions pour le Déclin.

Fernanda m'a pris la main, aussi avidement que si elle avait voulu la manger, me maintenant humainement dans ce monde que je délaisse aisément vers le néant de mon cerveau, propice à d'évanescentes tentatives.
A tout moment, la fuite est possible.

Sombrant dans le liquide qui sourd du bitume, étalant misère intestinale et autres grumeaux au soleil du Grand Mexique, il y a une chance de guérir et de ne reparaître jamais.
Tous les sentiments sont partis en l'air en explosant, la culpabilité renégate n'a pas droit à la vie ici.


Ouvrir la main
Abrir a mao
Lâcher l'hystérique
Déployer utérus
Tauréer
les cuirs au soleil qui rend aux yeux la clarté, aux peaux duveteuses l'obscur.
Il y aura forcément un acquis au terme des blessures clamées.
S'exposer radicalement, s'assimiler aussi loin que possible, pour que la mort survienne imperceptible, un glissement furtif d'insecte dans les épineux.
La mort n'est rupture que si l'on est suffisemment empli de soi pour ne la point vouloir; les sueurs et les refuges, les angoisses qui gonflent les glandes comme des angines, sont d'intenses joliesses ourdies par des poîtrinaires qui envient la santé.
Rien ne doit troubler la fête des mort-vivants, ivres de pouvoir, pleins du Monde et comblés de ses saints délices.
Friday, March 10th, 2006
3:47 pm
Le parfum d'une phrase oubliée; sécrétée, puis oubliée.
Il s'agissait de gestes amples en lesquels s'accumulait Le Sens.
Plaquée au réveil, sur l'exacte rive.

" - Ce sont des lapins d'avant les oreilles."
Thursday, February 9th, 2006
5:11 pm
Il avait cédé à l'un de ces Mc Do. déguisés en basque, saveur et terroir garantis et tout le tintamarre proclamé sur les cartes et pancartes.
Il avait commandé un thé. En esprit, passa légèrement sur le concept fast-food, qui ne le mordit pas car il s'enfuit à temps vers le vide qu'il avait laissé en lui depuis maintenant bien des soleils.
Cette absence qui le faisait passer dans la rue comme un simple réceptacle, sans fluide propre, n'intéragissant pas mais seulement réaccionnant aux paroles, saisissant, ne participant en aucune manière au spectacle autrement que négativement.
Cependant, le mythe de la perte d'identité, de l'oubli opaque, sombrait peu à peu pour aller se joindre aux carcasses du passé, à ces corps mutilés, privés de bras comme dans les dessins d'enfants malades, que la pensée avait investi puis délaissés les uns après les autres. Hundidos los cadaveres, il flottait sur la mer comme un parfum primavéral qui enlaçait les nuages, un potentiel qui se jouait de toutes les putréfactions.
Mais où étaient partis les bras? Probablement occupés dans d'autres régions, c'est du moins ce que l'on désirerait croire, mais il se pouvait qu'ils aient été simplement absents, artifice d'apparition récente encore, spécialisation déterministe fragile qui courait le risque d'être sapé, de n'avoir jamais existé que dans le monde imaginaire des hommes.
Une voix passait dans la cafétéria, se voulait faite d'émotions, mais bien difficile de résister au cynisme. La dite-chanteuse devait avoir tenu sa bouche exagérément ouverte, produisant au moyen des lèvres des mouvements profonds pour moduler ces vibrations de gorge anglosaxonnes, désespérément organiques.
Cette femme était debout, en virgule, tendue vers le plaisir égocentrique d'émettre des sons, de s'envoyer en l'air, jusque ici. C'était assez odieux à imaginer. Toute cette volonté d'être portée dans un cri, un acte unanime qui réalisait une personne en un point précis. Le chant, la danse, interdisaient toute dualité, et toute arrière pensée. Et Beto, qui ne pouvait jamais quitter cette adolescence maladive qui imposait à toute action sa doublure critique, un discours muet analytique qui interdisait définitivement toute sortie de l'intellectualité, quand le monde autour de lui déployait son possible pour ériger de petites religions dont le seul filet était de ne point s´ériger en dictature, au nom du privilège démocratique, mais en fin de compte l'association de tous ces petits discours publicitaires créait une fausse polyphonie, en fait un réseau inextriquable et selvatique, un diktat simplement occulté par des apparitions légèrement dissemblables.
Alors, râlant devant l'étalage e matière colorée, Beto assemblait le puzzle, et ce faisant déconstruisait ce qu'il voyait.
Aussi se trouvait-il réduit à la théatralisation systématique, à l'actuation réflexive, à chaque pas et surtout à chaque trébuche. Ce n'était que dans l'ivresse ou les psychotiques qu'il rejoignait enfin un harmonie, quelque forme de santé, une pensée multiple qui sonnait juste, un accord du corps physique et de ces dérivés mentaux.
La santé dans la distorsion, la santé dans la maladie voulue, pour ne jamais s'associer aux charniers de ceux qui vivent encore d'un entrain vaincu, gagnant et consommant, mâchant et déglutissant le maximum jamais atteint qui attend le nourrisson dans son berceau pastel.
Quand le corps humain n'est plus que réceptacle il engraisse et fatigue, tendu vers un plaisir délétère qui le consumera de l'intérieur.
Quand l'esprit se maintient passif il n'est qu'une somme d'influences venues se particulariser dans un obstacle rencontré, une assimilation, une digestion, il est déconstruit et devient désertique.
La pensée doit résister et utiliser les flux pour se convertir en une structure audacieuse, formations minérales pittoresques, canyons propices à héberger de solitaires chasseurs ailés.

Un jardin de Bilba, entre 3 et 4 heures.

Sartre ressentait les racines, et je ne me lasse pas de toucher des yeux les branches dénudées, quand un soleil printanier en fixe les contrastes.
A cette heure-là, je suis exactement Roquentin.
C'est l'hiver et pourtant sur ce rivage certains arbres-bouquets régalent déjà de fleurs roses extra-terrestres. Endroit à vrai dire idyllique que cet espace de promenade cerclé d'arbres hystériques de danses contenues; au centre coule une fontaine, et l'eau surgit d'un personnage, une sirène peut-être.
J'ai en esprit un personnage à la beauté de faune, paillard et picaresque, latin de sang et d'enthousiasme, constamment riant et chantant sous des lumières artificielles, ayant parcouru la terre et en ayant vérifié la rotondité, le coeur joyeux et ivre de gloire humaine. Une divinité sacrilège, burlesque, chargée d'un vague embonpoint dionysiaque, porté sur la vague fatale, entrant physiquement dans la vieillesse, et pourtant vrillé d'une passion entière, dans sa mi-barbe et sa denture malmenée, christophage.
Cet individu tragi-comique hante mon esprit sans remède, et dans le soleil fuyant,
je te vois trépigner et jouer d'insensées pantomimes au sommet des tours crénelées des édifices de la ciudad.
Saturday, November 26th, 2005
5:29 pm
le "vol de nuit" a bien été réalisé la nuit passée.
C´est une québécoise brésilienne qui en était la pilote, et elle a défitivement dominé son pseudo-élève, un petit barbu de Rio, au sourire sinueux de honte. Elle l´a rossé avec une raquette en cuir. Tenu face à la fenêtre, il a subi sans émettre un son, obéissant aux injonctions fantaisistes, formulées en anglais. Au petit matin, il a dû prendre les rennes, et elle a crié longtemps. Le hurlement ne variant pas d'intensité, cela portait à penser qu'il lui faisait poingt-dans-con.
Plus tard, des questions ont été posées. La prof n'a cèdé aucun aveu.
"Vous êtes une personne bizarre", a-t-elle décrété, en suivant le regard du curieux qui parcourait ses bras en y relevant les bleus.
Monday, November 14th, 2005
6:10 pm
L´homme était á table, mastiquant longuement une mozzarella élastique, parcourant sans hâte le Herald Tribune.
La Petite Enculeuse lui faisait face, prenant des notes au hasard, sévère dans sa coiffure qui maintenait les cheveux évanescents, queues-de-rat, très en arrière. Les cris des negritos flottaient vaguement dans la piece.

"- Vol de nuit." détacha-t-elle, avec une espèce de délectation masquée.

Il déglutit avec âpreté, tandis que l´effroi parcourait son dos dans une glissade de sports d´hiver.
Il pouvait déjà pressentir les aiguilles que l´on plante dans la chair gonflée. Il sauta du tremplin et disposa toute sa volonté en faveur de la douleur. Et reprit sa contenance.
Sunday, November 13th, 2005
6:34 pm
XI

Beto avait erré longtemps dans sa tete quand l'autobus passait á Pinotepa Naciona, cherchant dans sa cervelle brouillée une issue, une voie salvatrice. Dans la vitre en face de lui, qui séparait les passagers du chauffeur, il guettait les ombres-silhouettes, et elles infusaient dans ses veines, á chacun de leurs plus inattendus mouvements, une frayeur qu'on ne pouvait expliquer.
Dans ce camión, il venait de reprendre l'écriture comme une monomanie, répandant le sperme agile sur un journal éventré qui vantait la politique de l'affable Vicente Fox, colonisant l'espace déjá destiné, occupant les blancs offerts par une mise en page publicitaire généreuse, qui naturellement assemblait plus de vide que de communiqué. Il se posait l'avenir comme un martien-robot en marche, de ces géants qui étaient nés dans l'esprit d'un G.H.Wells, qui écrasait aveuglément au sol des soucoupes de tasses de trés grand prix. Cette idée de marcher sur des plats de porcelaine adhérait á son intelligence, et tous les efforts qu'il faisait pour s'en défaire n'étaient que des degrés dans l'installation de l'obsession, et d'une appréciation jouissive tendait á faire une addiction durable. Le crissement de défaite des assiettes qui se rompaient au sol était á peine concu en imagination, qu'un frisson poisseux l'ébranlait. Quoi qu'il en était il circulait, avec Israël, sur les rails d'un destin qui ne laissait pas de lui faire entrevoir l'extraordinaire. Le camión allait sur la voie du Sud, et lá-bas s'étirait comme belle putain le Brésil, patrie de ses ombres, lá oú il jugeait que la convalescence deviendrait vie recouverte, oú il irai chercher la fiévre jaune, et le sorcier secourable qui assécherait de ses mains les sueurs sanglantes. En silence il venait d'invoquer sa présence, il avait désiré son dire bien que celui-ci était resté jusqu'au dernier reve muet dans l'acte, triturant la plante et le feu, mettant á profit l'essence végétale extraite grace au brasier pour curer le mal, le caillot, la surface grumeleuse, informe, ou bien plutot l'aspect excessivement have et dévitalisé, d'un lisse maladif, du patient, celui qui ne bouge ni n'est présent par l'esprit, car la guérison est un transfert et un passage qui demande une inconscience totale, un retour aux limbes toujours fréquentées.
Beto lacha le stylo et sa réflexion, n'orienta plus rien, la pensée-outil, dérive productive, cessa.
Il ne s'agissait pas de comprendre, de décrire, mais bien plutot de dejarse caer, laisser tomber l'imbroglio, pour de bon.
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